La C.F.T.C.

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La CFTC : Avec vous, une force pour négocier et vous défendre, libre et indépendante, solidaire et active.

 

Conformément à l'article premier de ses statuts confédéraux, la CFTC a toujours distingué
responsabilités politiques et syndicales, menant son action en toute indépendance
vis-à-vis de l'Etat, des gouvernements et des partis, et, plus généralement
de tout groupement extérieur ou religieux
.

 

 

 

 

 

Un peu d'histoire :

 

La CFTC trouve son origine dans l'histoire du syndicalisme d'inspiration chrétienne et développe son action dans les luttes pour le progrès social et le respect de la personne.

 

1887
Création des premiers syndicats chrétiens à Paris et à Lyon.

 

1891
Première grande encyclique sociale : Rerum novarum.


1919
Création de la CFTC autour de Jules Zirnheld et de Gaston Tessier.


1936
Avant même les affrontements sociaux, le "Plan CFTC" propose un salaire minimum, les allocations familiales, la réduction de la durée du travail, des logements sociaux, les conventions collectives etc.

 

1940
La CFTC entre dans la clandestinité, ses dirigeants participent à la résistance. Dans les années qui suivent la libération, la CFTC participe à la généralisation des assurances sociales, des retraites complémentaires, ainsi qu'à la création de l'UNEDIC
.

 

1964
Scission de la CFTC. Une majorité fonde la CFDT.La CFTC continue, fidèle à la morale sociale chrétienne, avec Joseph SAUTY à sa tête.


1965
Programme de Vincennes : la CFTC dit non à la politisation syndicale.


1973
Rapport Jacques Tessier : "L'entreprise au service de l'homme".


1977
Congrès de Versailles : un nouveau programme à la mesure de la crise économique.


1980-90
La CFTC est à l'origine des conventions de conversion et de l'allocation parentale d'éducation.


1983
La CFTC recueille 12,4 % de voix aux élections à la sécurité sociale.


1984
La CFTC prend une part active au succès des manifestations en faveur de l'Ecole Libre.


1987
La CFTC fête le centenaire des premiers syndicats chrétiens.


1991
Congrès de Lille: La CFTC réafirme son identité. Elle engage la modernisation de son fonctionnement et de son action.


1995
Lors des conflits sociaux, la CFTC obtient la médiation et la reprise du dialogue.

 

La CFTC aujourd'hui

Depuis 1964, la CFTC n'a cessé de faire la preuve de sa vitalité, d'étendre son implantation et d'accroître ses effectifs. La CFTC ne veut ni la cogestion (gérer avec les patrons) ni l'autogestion (qui refuse l'idée de hiérarchie). Elle prône la troisième voie, la négociation. L'efficacité de son action est manifeste lorsqu'on considère les progrès sociaux effectivement réalisés à la suite des propositions contenues dans le programme de la CFTC : - participation des salariés aux résultats des entreprises, - accord sur l'emploi, - création des commissions paritaires de l'emploi, des Assedics et de l'Unedic. - indemnisation du chômage partiel - formation professionnelle continue - amélioration des retraites et pensions - contrats salariaux - création des comités économiques et sociaux régionaux. Mais il reste beaucoup à faire pour que ce que nous voulons soit réalisé. Gardons toujours en tête cette phrase de Jacques Tessier, ancien président de la CFTC :"Le monde n'appartient ni aux mous, ni aux tièdes, ni aux pusillanimes. Il appartient à ceux qui, dans les tournants décisifs, refusent de renier leurs convictions les plus profondes. Il apartient à ceux qui, résolus à rester debout, savent faire preuve de la qualité la plus rare, sans doute, de l'espèce humaine: le courage."

 

Maintenir la CFTC envers et contre tout

La Confédération française des travailleurs chrétiens a livré, au nom de la liberté syndicale, plusieurs batailles au cours de son histoire. Elle a été menacée dans les années 20, en 1936, en 1945, en 1964 et même en 1968 ! A chaque fois, la CFTC a su maintenir son cap et s'en est même trouvée renforcée après chaque épreuve. Cette vitalité dans l'adversité ne peut s'expliquer que par la force de conviction de ses militants. Dès le début des années 20, la CFTC subit les attaques des autres organisations syndicales. La CGT, qui a éclaté en 1921, a vu se constituer la CGT-Unitaire, mais les deux organisations s'entendent pour déposer un recours au Conseil d'Etat tendant à faire déclarer illégale la CFTC en raison de son caractère confessionnel. Un arrêt du 19 décembre 1924 rejette cette demande pour le moins insolite. Les milieux patronaux vont à leur tour essayer d'étrangler la CFTC. Suite à la participation aux grèves du textile des syndicats chrétiens de Roubaix-Tourcoing et la vallée de la Lys, le consortium de l'industrie textile du Nord dépose, en janvier 1924, une plainte à Rome devant la congrégation du concile ! Au terme d'une lente procédure, le patronat fut débouté de sa plainte en juin 1928. Cette décision fut confirmée par une lettre du Cardinal Liénart, datée du 5 juin 1929, qui reconnut la parfaite légitimité des syndicats chrétiens et de leur action.

La CFTC exclue des accords Matignon en 1936

Quelques années plus tard, la CFTC est tenue à l'écart, malgré ses vives protestations, lorsque Léon Blum décide de convoquer, à l'Hôtel Matignon, une conférence réunissant les organisations d'employeurs et de salariés en vue de leur soumettre pour avis les divers projets de lois sociales. Les accords Matignon sont donc signés par la CGPF (ancêtre du Medef) et la seule CGT réunifiée. Dans les mines du Nord - Pas-de-Calais et sur les chantiers de l'exposition internationale à Paris, les militants de la CFTC doivent subir parfois des voies de fait lorsqu'ils s'obstinent à refuser la carte de la CGT. Henri Meck, député d'Alsace, est intervenu au Parlement et la CFTC a reçu l'appui du président Blum. Finalement, les brimades ont cessé. Après cette tourmente, la CFTC est forte de quelque 400 000 adhérents et plus de 1500 conventions collectives conclues de 1936 à 1939 portent la signature des organisations CFTC.

La résistance

L'entrée en guerre et l'instauration du régime de Vichy poussent bientôt un certain nombre de syndicalistes chrétiens dans la clandestinité. Le 9 novembre 1940, un décret de Vichy dissout en effet la CFTC, la CGT, le CGPF, la CSPF (confédération des syndicats professionnels français), le Comité des Forges et le Comité des Houillères. Six jours plus tard, Jules Zirnheld, Gaston Tessier et Maurice Bouladoux, dirigeants CFTC, signent avec neuf dirigeants de la CGT le "Manifeste des Douze ", qui proclame leur attachement à la liberté syndicale. La loi du 4 octobre 1941, dite " Charte du travail ", interdit la grève et pose le principe des syndicats uniques et obligatoires. La tactique des syndicalistes chrétiens va être de prolonger, si possible indéfiniment, la période normalement transitoire qui doit précéder la dissolution des syndicats existants. Dès 1940, sont créée deux comités de liaison des organisations syndicales chrétiennes, l'un au nord et l'autre au sud de la ligne de démarcation. Ils vont fusionner au début de l'année 1943, lorsque les Allemands occuperont tout le territoire français. Un bureau confédéral clandestin fonctionne à l'abri de ce comité. Gaston Tessier et Paul Verneyras participent au mouvement " Libération Nord ". Arrivé à Londres en avril 1943, Marcel Poimboeuf y fait des allocutions radiodiffusées jusqu'à son départ pour Alger. Gaston Tessier participe à la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) le 27 mai 1943, rue du Four, à Paris, sous la présidence de Jean Moulin, et il sera présent également aux réunions qui suivront. Un peu partout, des syndicalistes chrétiens furent membres des comités de Libération. En juin 1944, la CFTC est représentée au sein des commissions du CNR par Gaston Tessier (président de la commission du ravitaillement), André Paillieux (à la commission des voies et communications), et Jean Brodier (à la commission du travail). Un mois plus tard, le comité inter-confédéral d'entente syndicale, créé depuis le mois de mai 1944 entre les bureaux clandestins de la CFTC et de la CGT, lance un appel aux travailleurs français, les exhortant, en fonction du développement des opérations militaires, à des grèves et au sabotage, partout où ce serait possible, où à rejoindre le maquis ou les groupes militaires de résistance. Le 27 juillet 1944, une ordonnance d'Alger, signée du général de Gaulle reconnaît la CFTC et la CGT comme confédérations syndicales.

Nouvelle bataille pour la liberté syndicale

Au lendemain de la Libération, la CFTC doit se battre une nouvelle fois au nom de la liberté syndicale. La Confédération refuse à deux reprises l'offre d'une fusion organique avec la CGT, craignant une absorption pure et simple. Rappelons à cet égard que les branches socialistes et communistes de la vieille CGT sont à nouveau réunies depuis 1943. En février 1945, le ministre du Travail reconnaît le caractère représentatif de la CGT et de la CFTC. Pourtant celle-ci est menacée jusqu'en 1947 par une série de manœuvres de la CGT tendant à instaurer à son profit un monopole de l'organisation et de la représentation des travailleurs salariés, notamment quand se posa la question de la répartition des sièges dans les commissions mixtes chargées d'élaborer des conventions collectives nationales et au sein du nouveau conseil économique. Pendant cette période, la CFTC bénéficie d'une vague de syndicalisation qui lui permet de compter jusqu'à 800 000 membres en 1947.

Une légitimité contestée après la scission de 1964.

Au congrès de novembre 1964, une majorité vote la transformation de la CFTC en Confédération Française démocratique du Travail. Un tiers des participants refusent cette évolution et décide de maintenir la CFTC. Ils considèrent à juste titre que la création de la CFDT n'est pas une opération de pure forme mais un changement profond de l'organisation au service d'une stratégie politico-syndicale. Les faits et la justice leur donneront raison. Suite à la scission de 1964, la nouvelle CFDT récupère la grande majorité des membres des syndicats affiliés à la Confédération. Aussi la CFTC minoritaire est-elle contrainte d'engager un nouveau combat pour se maintenir. Lors de la crise sociale de mai 1968, la CFTC participa activement à la conférence de Grenelle, en dépit d'une contestation de sa présence élevée d'emblée par le porte-parole de la CFDT. Reste qu'une fois de plus, la CFTC a surmonté l'épreuve, augmentant même ses effectifs cotisants de 40 % environ en deux ans.

 

La solidarité

La CFTC a favorisé la solidarité, en stimulant la coordination entre le rôle d'initiative de la politique contractuelle et celui de filet de sauvegarde que joue la loi. En 1919 déjà, au congrès constitutif, l'un deux vœux formulés est " … que le comité confédéral, en liaison avec la fédération des syndicats indépendants d'Alsace-Lorraine, étudie l'extension à toute la France du régime d'assurances sociales existant dans les deux provinces désannexées. " En 1921, au Conseil supérieur du travail, Gaston Tessier fut le rapporteur du premier projet d'instauration d'un régime général d'assurances sociales.C'est en 1928 que fut votée la loi instituant les assurances sociales qui, après modification, entra en vigueur en octobre 1930 et que la CFTC dut se défendre vigoureusement contre une violente campagne dans laquelle se rejoignaient certains milieux patronaux et les éléments extrémistes de la CGTU. Au Parlement, le groupe communiste dénonçait cette loi scélérate, s'élevant contre le prélèvement des cotisations sur les salaires. La CFTC, la CGT-FO et la CGC ont signé en 1958 l'accord conclu avec le CNPF créant les caisses d'assurance-chômage et l'UNEDIC. A propos de la généralisation du système de sécurité sociale en 1945, la CFTC tenta vainement d'obtenir le maintien - plutôt qu'une caisse unique par département - des caisses d'affinité qui avaient existé avant 1939, soulignant le danger d'une bureaucratisation excessive du système et d'un recul de l'esprit mutualiste.

L'instauration progressive des retraites complémentaires

Si l'AGIRC (association générale des institutions de retraite complémentaire) fut créée à l'intention des cadres salariés dès les 14 mars 1947, il a fallu attendre plus de dix ans pour étendre la retraite complémentaire à tous les non-cadres. Le CNPF et les syndicats réformistes (CFTC et CGT-FO) ont signé en effet le 15 mai 1957 la convention constitutive de l'UNIRS (union nationale des institutions de retraite des salariés). Le 8 décembre 1961, les représentants de la CFTC, de FO et du CNPF signaient l'accord national interprofessionnel créant l'ARRCO (association des régimes de retraites complémentaire). Enfin, la loi du 29 décembre 1972 prescrivit la généralisation obligatoire des retraites complémentaires à l'ensemble des salariés du secteur privé, relevant du régime général de la Sécurité sociale ou du régime agricole. Madeleine TRIBOLATI, vice présidente confédérale CFTC, a consacré beaucoup d'énergie à ce dossier. Elle témoigne : " Cela a été un grand succès de la CFTC . Les médias n'en ont pas parlé et pourtant c'était quelque chose de considérable ! Les discussions ont commencé après la guerre, dans les années 1955-58, profession par profession. Puis nous nous sommes rendus compte qu'il y avait encore, en septembre 1972, près d'un million de travailleurs qui n'étaient affiliés à aucune caisse de retraite complémentaire parce que ce n'était pas obligatoire. Il s'agissait souvent d'employés de maison, de salariés qui appartenaient à des petites entreprises ou à des associations. Sans convention collective, ils ne pouvaient pas se défendre et leur patron ne voyait pas l'intérêt de les affilier à une caisse de retraite complémentaire. Alors j'ai fait des démarches auprès des patrons et des pouvoirs publics. Il a fallu obtenir ce qu'on appelait un arrêté-balai afin d'obliger tous les employeurs du secteur privé à affilier leur personnel à une caisse de retraite complémentaire. Un million de personnes avaient droit désormais à une retraite augmentée de 50 %. Sans compter tous les avantages liés à l'affiliation à ces caisses, en dehors du service de la pension. "


La politique familiale, une priorité

La défense de la famille, cellule de base de la société, est une constante dans l'histoire de la CFTC. Seule réponse au défi démographique, une active politique familiale est aussi un facteur de dynamisme économique. Dès 1928, au 9ème congrès, fut précisée la position de la CFTC concernant la généralisation des allocations familiales, par voie légale, à l'ensemble des salariés. Une proposition en ce sens fut déposée par Jean Lerolle en janvier 1929. La loi, tant de fois réclamée, fut votée le 11 mars 1932. En décembre 1944, le Comité national confédéral souhaite une politique familiale, devant comporter notamment " un juste salaire lié au coût de la vie et le versement de compléments familiaux substantiels qui rendent possible le maintien de la mère au foyer ". Les espoirs de la CFTC ont été en partie concrétisés d'une part par la loi du 22 août 1946, qui apporte un relèvement important des prestations familiales et crée l'allocation de salaires unique, et d'autre part par la loi du 11 décembre 1956, qui crée l'allocation de la mère au foyer pour les non-salariés. La CFTC n'a cessé de dénoncer le détournement à d'autres fins des fonds des caisses d'allocations familiales et de réclamer la reconnaissance des droits de la mère de famille, notamment à travers une allocation lui permettant de choisir entre un travail salarié et une pleine occupation auprès de ses enfants. L'allocation parentale d'éducation qui, après une longue interruption, a succédé à l'allocation de salaire unique de 1946, sa revalorisation, son extension récente (en 1994), sont un des résultats de cette action.


L'empreinte de la CFTC

Alain Deleu fait le point sur l'héritage de la confédération et les leçons que l'on peut en tirer pour l'avenir

Cftc.fr : Dans son histoire, la CFTC ressemble parfois à une miraculée… Comment expliquer cette vitalité ?

Alain Deleu : Depuis la création des premiers syndicats chrétiens, et jusqu'à la période la plus récente, le mouvement syndical chrétien a toujours fait l'objet de contestations dans le monde syndical et au-delà. Aujourd'hui les contestations sont verbales : " A quoi servez-vous aujourd'hui ? Pourquoi avoir cinq confédérations en France ? " Autrefois, la contestation était plus violente. A plusieurs reprises, il a fallu quelques hommes et femmes de conviction et de courage pour maintenir le cap. Il suffit souvent de quelques personnes convaincues pour changer le cours des choses.

Cftc.fr : Que doivent faire les militants de cet héritage ?

Alain Deleu : Il faut tout d'abord qu'ils le connaissent. On ne peut pas comprendre le présent si on ne connaît pas l'Histoire, c'est évident. Il est très important que les salariés, les jeunes notamment, connaissent les racines du syndicalisme français et européen. Si la démagogie syndicale a prise aujourd'hui sur les salariés, c'est parce que les salariés ne savent pas décoder le message qu'on leur donne. Les gens de la CFTC de demain devront être aussi courageux, aussi généreux et innovants que les anciens. Les acquis sociaux d'aujourd'hui, le produit social français, ce n'est pas quelque chose d'évident, cela a été construit par des gens qui étaient des pionniers. On leur riait au nez quand ils parlaient d'assurances sociales généralisées, de droit à la retraite, de médiation des conflits, etc. Il faut se replacer dans le contexte de l'époque pour mesurer à quel point c'était innovant, au-delà des espérances. La fidélité à ce passé serait de réussir à donner un nouveau développement à la CFTC.

Cftc.fr : Que doit-on à la CFTC ?

Alain Deleu : La CFTC a été nécessaire à la conquête de la plupart des grandes garanties sociales actuelles : sécurité sociale, régimes de retraites, assurances chômage, droits à la formation continue. La CFTC a aussi beaucoup contribué à la construction de l'idée de convention collective. Affirmer qu'au-delà du contrat de droit civil entre personnes, il existe un contrat qui établit une relation entre une personne et une entreprise et donne une dimension collective à ce contrat, est une idée juridique nouvelle. Syndicale en France à se mobiliser pour la politique familiale. De plus, resterait-il en France une liberté scolaire sans la CFTC ? Je ne le crois pas. Je ne dis pas que la CFTC a permis , à elle seule, la victoire de 1984, mais les vainqueurs de 1984 n'auraient pas pu l'emporter sans la CFTC parce qu'elle a apporté dans le monde du travail, y compris chez les salariés de l'enseignement privé, le complément indispensable à ce combat pour la liberté scolaire. Les récentes négociations avec le patronat ont encore démontré le " PLUS " qu'apporte la CFTC avec sa ténacité, son esprit d'indépendance et son souci de construire. Ce fut en particulier le cas pour l'élaboration du Plan d'Aide à la Recherche d'un Emploi (PARE), l'amélioration des dispositifs de prévention, les retraites…Le paysage social ne serait pas du tout ce qu'il est aujourd'hui si en 1936, en 1945, en 1964, les femmes et les hommes qui faisaient face aux représentants de la CGT ou de la CFDT n'avaient pas dit : " On connaît la route, on a notre boussole, on prend ce cap-là et on le tient. " Nous avons construit le droit social français, notamment pendant l'après-guerre et jusqu'en 1982, avec Force Ouvrière et la CGC. Nous l'avons fait ensemble et nous ne l'oublierons pas. Pour notre part, nous considérons ces deux confédérations comme les partenaires réformistes naturels de la CFTC. Le front réformiste s'est élargi à la CFDT depuis une quinzaine d'années, mais il s'est en même temps fragilisé. Et notre problème est de constater que face à la crise économique et au combat social qui en résulte forcément, est revenue la tentation d'un réformisme aléatoire, opportuniste, avec des positions tantôt jusqu'au-boutistes, tantôt collaborationnistes. Là encore, la CFTC a vocation à jouer un rôle important pour le progrès social.


Le choix de l'indépendance

Conformément à l'article premier de ses statuts confédéraux, la CFTC a toujours distingué responsabilités politiques et syndicales, menant son action en toute indépendance vis-à-vis de l'Etat, des gouvernements et des partis, et, plus généralement de tout groupement extérieur ou religieux. Seule entorse à ce principe essentiel : la participation de certains de ses membres à l'Assemblée consultative provisoire à la Libération, qui résultait du rôle actif joué par les militants CFTC dans la Résistance. Depuis, la CFTC refuse d'engager directement ses organisations dans les campagnes électorales. Cela n'empêche pas la Confédération d'interpeller les formations politiques sur le projet et les positions CFTC, et d'informer ses militants des réponses obtenues. Ainsi la CFTC n'a pas subi le contrecoup des déceptions enregistrées par d'autres organisations qui, s'étant engagées dans la voie de la politisation, ont dû constater à leurs dépens qu'il ne suffisait pas de soutenir un gouvernement pour faire progresser le syndicalisme.


Agir au-delà des frontières

La CFTC, affiliée à la Confédération mondiale du travail (CMT), tisse sans cesse, avec ses partenaires syndicaux, les fils d'une solidarité internationale. Dans les années 80, cette action prit un cours particulièrement pathétique avec les échanges réguliers entre la CFTC et les militants polonais de Solidarnosc. Aujourd'hui, il ne se passe pas une semaine sans que la CFTC n'intervienne en Amérique latine, en Afrique, ou en Asie, à la demande de la CMT ou à la demande d'une organisation syndicale locale. Depuis 1994, la CFTC a décidé de mettre en place une campagne de solidarité internationale avec les pays de la CMT. Il s'agit d'une part d'informer, de sensibiliser aux problèmes du syndicalisme dans le tiers-monde et, d'autre part, de favoriser les souscriptions.


La grève exemplaire des mineurs de 1963

Jean Bornard, président honoraire de la CFTC, nous raconte les grandes heures du conflit de mars 1963, mené par le Fédération des mineurs, dont il était le secrétaire général à l'époque." En décembre 1954, la Fédération des mineurs CFTC, avec Force ouvrière, a eu le courage de signer un accord instituant une nouvelle procédure comportant d'une part une indexation des salaires miniers sur les prix, d'autre part une clause d'évolution en fonction de la productivité. Ce système, novateur à l'époque, a bien fonctionné, malgré les sarcasmes de la CGT, jusqu'à ce que le gouvernement dénonce unilatéralement en 1959 l'accord et toute clause d'indexation, les salaires étant à nouveau fixés par arrêtés gouvernementaux. Cela conduisit à un décalage croissant au fil des années entre l'évolution des salaires miniers et celle du salaires moyen national publié par l'INSEE. La tension n'a donc cessé de monter dans les bassins miniers, et les avertissements de pleuvoir sur un gouvernement devenu quasi méprisant à l'égard d'une profession en récession compte tenu de la concurrence du pétrole. Le bureau des mineurs CFTC a pris position publiquement en faveur d'une grève illimitée à partir du moment où l'une au moins des deux autres fédérations de mineurs FO ou CGT en serait d'accord. Après deux tentatives avortées de démarrage de la grève dans le Nord - Pas-de-Calais, les conditions parurent réunies pour le 1er mars 1963, FO s'étant prononcée aussi pour la grève illimitée, et la CGT pour une grève de 48 heures à cette date.C'est alors que le gouvernement commit une grossière erreur. Toutes les fédérations furent convoquées au ministère de l'Industrie, où le ministre Bokanowski nous déclara en sept minutes exactement que nous pouvions faire grève 48 heures, mais qu'ensuite le gouvernement se voyait dans l'obligation de décréter la réquisition !

A Lens, 400 délégués CFTC proclamèrent leur indignation et leur volonté de relever le défi. Le lendemain, dans le bassin de Lorraine, pas un seul mineur ne descendit dans les puits. Dans le Centre-Midi, même unanimité, et dans certains bassins, les mineurs descendirent, mais avec un jeu de cartes et pas une berline de charbon ne remonta. La grève était partie, massive, farouche, elle devait durer 35 jours, mobilisant quelque 200 000 mineurs et ETAM (employé, techniciens et agents de maîtrise). Le climat de dignité, joint à un sentiment instinctif de sympathie pour les travailleurs des mines a provoqué un élan de solidarité absolument sans précédent dans l'opinion. Des équipes de mineurs en tenue ont sillonné toute la France pour collecter des fonds et ce sont plus de trois milliards de francs de l'époque qui ont été versés dans un fonds inter-confédéral de solidarité. La clarté des objectifs, et le souci de non-politisation du conflit ont aussi beaucoup contribué à la popularité du mouvement, de même que la silhouette rapidement célèbre de Joseph Sauty, porte parole CFTC des mineurs, avec son béret et son visage grêlé, justement identifié par la presse et les radios comme le père de la grève. Deux tentatives de négociation échouèrent devant l'intransigeance de la direction des charbonnages et du gouvernement. Finalement, au bout de trois semaines, le gouvernement se décida d'une part à créer un secrétariat à l'Energie, et d'autre part à confier à un comité de trois sages le soin de rédiger un rapport sur la situation sociale dans les charbonnages. Le rapport des sages, rapidement rédigé, reconnut le décalage d'environ 10 % entre les salaires miniers et le salaire moyen national, et l'opportunité d'un rattrapage de 8 %, 2 % ayant été déjà donnés sous forme de réduction du temps de travail. Il recommanda également la mise au point de nouvelles procédures de discussion de salaires et l'organisation d'une table ronde tripartite pour préciser l'avenir des mines et des bassins miniers. Le gouvernement accepta ce rapport et demanda à la direction des charbonnages de le prendre pour base dans une nouvelle négociation avec les syndicats. Le 4 avril, après 12 à 15 heures de rudes discussions, un constat de conclusions était enfin établi, les quatre fédérations de mineurs, ETAM et ingénieurs, acceptant de le présenter au personnel pour mettre fin à la grève. "


 


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